Le jaune est sa couleur

L’arbre de Breda, ouvrage de Nicolas Chevolleau, ce sont trois nouvelles, mais une seule histoire, celle de Colin et Chloé qui se rencontrent grâce à leur travail de bibliothécaire. Une rencontre qui influera sur tout le reste de leur vie. Mais attention, si cette histoire est une belle histoire d’amour, elle n’a rien à voir avec une simple romance et elle ne se déroule pas forcément comme on pourrait l’attendre (tant mieux, non ?)

Une robe jaune au cœur des personnages

La belle Chloé porte une belle robe vintage jaune. Cette robe prend une importance toute particulière dans l’histoire. Personnellement, je la vois aussi comme l’un des personnages de l’histoire. Pas l’un des personnages principaux, mais tout de même suffisamment important pour qu’il revienne régulièrement sur le devant de la scène.
Or, comme vous le savez, j’accorde beaucoup d’importance aux personnages des histoires que je lis. Ma petite frustration face à ces nouvelles, c’est qu’arrivée à la fin, j’ai l’impression de beaucoup mieux connaitre les personnages secondaires que Colin et Chloé. Un peu comme si j’avais découvert leur histoire, mais pas vraiment leur personnalité alors que pourtant, ils traversent des moments qui en donnent l’opportunité. J’ai lu une chroniqueuse frustrée de ne pas voir Colin plus développé. Pour ma part, c’est surtout Chloé que je trouve survolée. Peut-être parce que c’est d’elle dont j’étais la plus curieuse…
Du coup, vous croyez peut-être que je n’ai pas apprécié ma lecture ?

Esthétisme et poésie

Et bien, il n’en est rien !
Je crois que j’ai déjà dû vous le dire : je suis très réceptive à la poésie d’un texte. Pas forcément des rimes, mais vraiment cette impression que l’esthétique prime sur tout le reste. Pour moi, dans l’Arbre de Breda, ce n’est pas tant l’histoire des personnages qui m’a fascinée que la beauté de l’écriture. Chaque phrase parait ciselée le plus finement du monde. Chaque verbe, chaque adjectif, chaque nom donne l’impression qu’il n’aurait pas pu y avoir un autre verbe, un autre adjectif ou un autre nom à sa place. D’ailleurs, il m’est arrivé de croiser quelques mots qui m’étaient inconnus et qui, après vérification dans un dictionnaire, se sont révélés les plus adaptés possible pour la situation décrite.
Et tout ça sans la moindre lourdeur. Ce texte se déguste, se savoure de la première à la dernière miette.
Toutefois, la légèreté de l’écriture n’implique pas que les sujets abordés le soient aussi. Si la première nouvelle reste dans ce registre, les deux suivantes abordent des situations plus compliquées qui sont abordés avec sentiments. Des sentiments enjolivés, transcendés, encensés par l’écriture si juste.

Petite anecdote : en ce moment, je deuxième numéro de l’Indé Panda. En terminant l’une des nouvelles de ce super fanzine, je me sentais complètement emportée par l’écriture, submergée par les sentiments de ses protagonistes. Et là, je m’aperçois que la nouvelle est de Nicolas Chevolleau. Je me permets d’en conclure que ce n’est certainement pas un hasard !

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