L’esthétisme touché du doigt

traverseeslimbes Que me restera-t-il de cette lecture ? L’impression d’avoir partagé un moment d’extraordinaire beauté, de parfait esthétisme, de pure poésie. Chaque mot, chaque idée, chaque histoire m’a paru être exactement au bon endroit, au bon moment.

Ne vous lancez pas dans les Traversées des limbes avec l’idée que vous allez lire des aventures extraordinaires. Ce n’est pas, ici, le propos de Jean-Christophe Heckers. A la place, il nous propose des tranches de vie plus ou moins ordinaires, concentrées sur les sentiments, souvent ambigus, de leurs protagonistes.

Couverture Treversées des LimbesParmi les 15 nouvelles du recueil, certaines m’ont touchée surtout par la grâce et la beauté de l’écriture. D’autres m’ont surprise, m’ont rendu curieuse, m’ont parfois même amusée. Mais surtout, il y a celles que je me suis prises de plein fouet dans le visage, qui ont abreuvé mes yeux, qui m’ont touchée en plein cœur et celles-là, elles sont maintenant gravées en moi et accompagnent chacun de mes pas. J’aimerais comprendre comment quelqu’un que je n’ai jamais rencontré arrive à lire en moi et à me raconter dans des histoires qui pourtant ne sont pas les miennes.

Je suis convaincue que, quand je relirai cet ouvrage (car je peux vous assurer que je le relirai !), elles me parleront d’une autre manière et ce ne seront sûrement pas les mêmes qui me toucheront le plus.

Malgré ces différences de ressenti, l’ensemble de ces nouvelles constitue un tout très cohérent qu’il serait dommage de ne pas appréhender dans son ensemble. C’est un peu comme regarder un tableau de Chagal, voir toutes ces saynètes qui se côtoient, sont toutes belles à leur niveau mais constituent un tout époustouflant.

Je vais finir cette chronique par une comparaison qui pourra sembler bien étrange :

Quelque part, cette lecture m’a fait penser au moment où j’ai découvert H.P. Lovecraft. J’ai alors enchaîné un volume et demi de l’intégrale avant d’être tellement terrifiée que je n’arrivais plus à lire une page de plus.
Dans les Traversées des Limbes, ce n’est pas cette ambiance visqueuse et cauchemardesque si particulière que j’ai retrouvée mais plus j’avançais dans ma lecture, plus je m’imprégnais de cette écriture superbe, plus elle m’atteignait, plus elle me bouleversait, plus elle m’émouvait.

Une fois encore, je remercie l’auteur de m’avoir ouvert les portes de son univers.

Jelisdesautoedites

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