Le maître des fractales

Aujourd'hui, nous accueillons une chronique de notre invité du jour,
Mickaël qui a la gentillesse de nous parler d'un ouvrage de Roman Sermand : Le maître des fractales.
Edwige

Tout d’abord, je remercie l’auteur pour m’avoir permis de lire ce roman.

Ilas de Rayel et un groupe assez éclectique sont envoyés à la rescousse d’un scientifique disparu dans une partie inexplorée d’Asteran. Nous suivons donc Ilas et sa bande dans des aventures de plus en plus folles. On pourrait dire que les pauvres bougres tombent de Charybde en Scylla, mais il faudrait rajouter pas mal de Charybde et de Scylla pour faire le compte, car nos aventuriers enchaînent les épreuves à un rythme effréné. 

Nos protagonistes apprennent à se connaître et évoluent ensemble au fur et à mesure de leurs aventures. On peut regretter que ces évolutions soient parfois un peu brusques, certaines situations auraient gagné à être installées petit à petit plutôt qu’assénées comme des faits. Les sentiments et personnalités des personnages ainsi que les relations entre eux ne sont à mon goût pas assez développés, ce qui me gêne un peu pour réellement m’attacher à eux. 

J’étais tenté par la présentation en tant que roman à la fois fantasy et steampunk qui sort de l’ordinaire. Je dirais que le côté fantasy est bien là avec de la magie et des monstres, des combats à l’épée et des contrées inexplorées. L’aspect steampunk en revanche me paraît un peu survendu. En effet, à part les zeppelins (qu’on aurait pu appeler « dirigeables » pour faire plus fantasy, car Zeppelin est un terme bien de notre monde), peu de chose rappellent le steampunk. 

D’un autre côté, c’est bien le terme d’aventure qui aurait été mérité pour cet ouvrage, qui m’a fait penser à Indiana Jones (pour la première partie). L’enchaînement des ennemis à battre, le groupe de personnages complémentaires et certaines épreuves m’ont pour leur part davantage rappelé un jeu vidéo qu’un roman de fantasy.

Pour ce qui est du style, il s’agit pour moi du principal défaut du livre. L’auteur use et abuse des descriptions. Si les personnages entrent dans une pièce, chaque objet est décrit dans les moindres détails. Je sais que c’est un travers courant chez les auteurs de fantasy qui sont désireux de bien décrire le monde tel qu’ils l’ont imaginé, mais ici ça casse le rythme alors que l’on voudrait parfois savoir impatiemment ce qui se passe ensuite. Je ne serais pas surpris que l’auteur soit un spécialiste de la flore, car il nous inonde de noms spécialisés de plantes qui honnêtement ne parlent pas vraiment au lecteur lambda. Il en va de même avec de nombreux mots « savants/scientifiques » qui n’ont (selon moi) pas vraiment leur place dans un roman de fantasy. Si l’on ajoute à cela quelques lourdeurs stylistiques dans le genre « malgré le fait que » (qui revient assez souvent), on a un style que je qualifierais plus d’analytique que de narratif. On pourrait vite décrocher si les aventures vécues par les protagonistes n’étaient pas intéressantes.

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